• C'est d'abord et surtout :
- un état de présence, d'ouverture, de lucidité et de réceptivité,
- un exercice destiné à développer ces qualités d'ouverture, clarté, sensitivité et leur continuité dans l'action, dans la vie quotidienne.
• Elle est souvent comprise de manière erronée comme :
- un état de conscience modifiée,
- un état sans pensée,
- une concentration,
- un repli sur soi,
- une fuite hors de la réalité,
- l'absorption sur un objet « spirituellement élevé ».
• La posture
La position du bassin est prépondérante. Il convient de s'asseoir au milieu du zafu (coussin rond dont l'épaisseur est fonction de la souplesse de chacun), sur les ischions, de telle sorte que le bassin se stabilise par le contact des deux genoux avec le sol. La position des jambes est celle du lotus ou du demi-lotus.
Un juste positionnement du bassin et le réglage de l'épaisseur du zafu permettent que la colonne vertébrale s'érige vers le ciel sans que soient créées des tensions dorsales ou intervertébrales préjudiciables et que la tête soit droite naturellement. Les épaules, la cage thoracique et le ventre sont relâchés de façon à permettre une respiration libre et facile. Les yeux sont mi-clos, posés devant soi sur le sol dans un angle d'environ 45 degrés.
Les poignets sont posées sur le haut des cuisses. Les doigts de la main gauche sont posés sur ceux de la main droite, paumes tournées vers le haut, et les pouces se rejoignent au-dessus dans le prolongement l'un de l'autre, dans un contact ferme et léger. Le tranchant des mains est en contact avec l'abdomen.
Pendant zazen, l'attention doit rester vigilante sur chaque détail, ainsi que sur la respiration. L'esprit est ainsi ramené dans le corps et l'unité se réalise. Les pensées cessent de s'enchaîner les unes aux autres. Elles apparaissent, puisque telle est leur nature, mais si l'attention est maintenue sur la posture, elles disparaissent sans laisser de trace. Naturellement et inconsciemment la volonté personnelle de l'ego cesse d'agir et de rechercher un but. Seul demeure l'instant présent.
Il est impossible de voir sa propre posture et il est facile de s'illusionner sur sa propre pratique. Il est recommandé de ne pas pratiquer seul et de recevoir, dans un dojo ("le lieu de la Voie") les conseils d'un pratiquant ancien.
• La respiration
Pendant zazen, la respiration est essentielle. Elle est tranquille et établit un rythme lent, puissant et naturel.
L'expiration est longue et profonde. Les maîtres la comparent souvent au mugissement de la vache. L'inspiration, plus courte, vient naturellement. Le corps devient fort, le cerveau frais, la circulation du sang se renouvelle.
Cette expiration lente, calme et profonde balaie les complications du mental.
L'esprit devient clair comme un ciel sans nuages.
• L'attitude de l'esprit et la conscience
De même que la respiration juste ne peut surgir que d'une posture correcte, l'attitude de l'esprit découle naturellement d'une profonde concentration sur la posture et la respiration. En zazen, les images, les pensées, les formations mentales surgies de l'inconscient passent comme des nuages dans le ciel et s'évanouissent naturellement. Sans entretenir de pensées personnelles, la conscience au-delà de la pensée et de la non-pensée apparaît. C'est le retour à la condition originelle de l'esprit.
Maître Wanshi dit : "Lorsque dans le silence tout mot est oublié, cela apparaît devant vous avec clarté."
Cela, c'est la réalité de notre vie en unité avec tout l'univers. Sans chercher à atteindre la vérité ni à couper les illusions, sans fuir ni poursuivre quoi que ce soit, la conscience dualiste s'apaise. On apprend à se connaître soi-même et à s'harmoniser avec la véritable nature de notre existence. Une grande liberté intérieure se réalise